Indios d'Amazonie

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    Quand la forêt amazonienne est amputée de cinq millions d'hectares chaque année, quand ce patrimoine vital, facteur essentiel de l'équilibre écologique de la planète est menacé de disparition, quand les peuples indiens sont exterminés ou réduits à la servilité : le temps n'est plus aux hésitations et aux atermoiements, mais à l'action...d'urgence ! »

    Aux travers de son exposé, Mme Claudine Jaquet développera les points suivants :

  • Qui sont les peuples en voie d'extinction ?
  • Comment s'organisent-ils ?
  • Que souhaitent-ils ?
  • Quel soutien les « pays privilégiés » peuvent-ils apporter aux indigènes en tenant compte du fait que les indiens détiennent aussi leurs propres recettes et leurs réponses.
  • Bref tour d'horizon de la situation donnant une idée de l'ensemble du problème en Amazonie :

     

    Occuper pour ne pas être envahi

    1964 : occupation de l'Amazonie brésilienne par une politique militaire pour empêcher son internationalisation.

    Une terre sans hommes pour des hommes sans terre

    Au début des années soixante-dix, Emilio Garrastazu Médici instaure une dictature militaire pour rendre possible l'émigration massive d'hommes sans terre vers une terre sans hommes.

    Bilan de l'opération : en 1985, au Brésil , 1 % des propriétaires concentraient 45 % de la surface agricole, tandis que 10,6 millions de paysans étaient privés de terres. Chiffres qui, pour l'ensemble de l'Amérique latine, se traduisent dans le fait que 7 % des propriétaires disposent de 93 % de la superficie cultivable.

    Les routes

    La construction de routes a entraîné l'occupation des terres indigènes, la destruction de la forêt tropicale, la ruine des collecteurs de caoutchouc - les « seringueiros » - et la faillite de projets agricoles.

    L'élevage extensif

    L'élevage du bétail dans les haciendas spécialisées dans la production de viande bovine est une des causes principales de la destruction de la forêt tropicale au Brésil, en Colombie, en Bolivie et au Venezuela. Une des nombreuses conséquences : l'appauvrissement des sols d'année en année.

    Le « garimpeiro » est un animal dangereux

    La faillite retentissante des programmes de colonisation agricole fait qu'une partie de la population installée en Amazonie se consacre à l'extraction de minerais. Cette extraction a engendré une grave contamination par le mercure employé pour obtenir de la poudre dor.

    Une centaine de personnes au moins sont mortes en présentant des symptômes évidents d'intoxication par le mercure. Le rejet de celui-ci affecte également les cours d'eau.

    Grande Carajas

    Le programme Grande Carajas est la plus importante agression perpétrée à l'encontre de la forêt amazonienne dans le cadre d'un seul projet.

    En effet, la découverte, en 1967, d'un des plus grands gisements de fer au monde, donne naissance à un plan qui prévoit la transformation de 25 millions de mètres cubes de bois en charbon végétal pour alimenter la sidérurgie.

    Cela entraînera la destruction annuelle de 74'000 hectares de forêt vierge pour ce seul secteur.

    Problèmes sociaux

    Tous les procédés pour mener à bien le vol collectif de terres, y compris l'homicide des meneurs de collectivités qui s'opposent aux projets d'exploitations d'élevage, sont employés.

    Entre 1980 et 1990, plus de mille indigènes, petits paysans, prêtres et meneurs syndicaux ont été assassinés en Amazonie par des tueurs professionnels engagés par les gros propriétaires terriens.

    L'impact écologique

    La dévastation que subit l'Amazonie aura de graves conséquences écologiques, économiques et sociales à très court terme au niveau local, régional et mondial :

    • Une augmentation de la lixiviation (lessivage) et de l'érosion des sols fragiles tropicaux.
    • Une perte d'eau par un écoulement dû à la disparition de l'effet d'éponge : durcissement du sol et détérioration de la qualité des eaux.
    • Une diminution des précipitations et des récoltes.
    • Une augmentation des inondations et des sécheresses.
    • Une altération de la balance hydrique.
    • Une modification de la température : extrêmes plus importants.
    • Un accroissement de la dimension des fléaux.
    • Une contributions des incendies de forêt à l'effet de serre et aux possibles changements climatiques qui lui sont associés.
    • La disparition de milliers de plantes et d'espèces

    Sans intervention humaine, par le seul effet de la sélection naturelle, il faut un millénaire pour qu'une seule espèce s'éteigne. L'activité de l'homme fait disparaître trente espèces par jour.

    L'homme accélère donc le processus naturel dix millions de fois !

    Vers un développement durable en Amazonie

    N'importe quelle alternative à la dévastation de la forêt tropicale passe en premier lieu par un coup de frein à l'agression brutale que subissent la nature et ses habitants. Ce résultat ne pourra être obtenu que si une forte opposition se crée, tant ici que dans les pays touchés par ce drame. Un modèle de développement soutenable qui envisagerait l'utilisation rationnelle et intelligente de l'écosystème tropical est à trouver. Les indiens détiennent des recettes qui, adaptées intelligemment aux spécificités conjoncturelles, permettront l'utilisation rationnelle et viable des ressources du bassin amazonien.


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