Bref tour d'horizon de la situation
donnant une idée de l'ensemble du problème
en Amazonie :
Occuper pour ne pas être envahi
1964 : occupation de l'Amazonie brésilienne par
une politique militaire pour empêcher son
internationalisation.
Une terre sans hommes pour des hommes sans terre
Au début des années soixante-dix, Emilio
Garrastazu Médici instaure une dictature militaire
pour rendre possible l'émigration massive d'hommes
sans terre vers une terre sans hommes.
Bilan de l'opération : en 1985, au
Brésil , 1 % des propriétaires
concentraient 45 % de la surface agricole, tandis que
10,6 millions de paysans étaient privés de
terres. Chiffres qui, pour l'ensemble de
l'Amérique latine, se traduisent dans le fait que
7 % des propriétaires disposent de 93 % de la
superficie cultivable.
Les routes
La construction de routes a entraîné
l'occupation des terres indigènes, la destruction
de la forêt tropicale, la ruine des collecteurs de
caoutchouc - les « seringueiros » - et la
faillite de projets agricoles.
L'élevage extensif
L'élevage du bétail dans les haciendas
spécialisées dans la production de viande
bovine est une des causes principales de la destruction
de la forêt tropicale au Brésil, en
Colombie, en Bolivie et au Venezuela. Une des nombreuses
conséquences : l'appauvrissement des sols
d'année en année.
Le « garimpeiro » est un animal
dangereux
La faillite retentissante des programmes de
colonisation agricole fait qu'une partie de la population
installée en Amazonie se consacre à
l'extraction de minerais. Cette extraction a
engendré une grave contamination par le mercure
employé pour obtenir de la poudre dor.
Une centaine de personnes au moins sont mortes en
présentant des symptômes évidents
d'intoxication par le mercure. Le rejet de celui-ci
affecte également les cours d'eau.
Grande Carajas
Le programme Grande Carajas est la plus importante
agression perpétrée à l'encontre de
la forêt amazonienne dans le cadre d'un seul
projet.
En effet, la découverte, en 1967, d'un des plus
grands gisements de fer au monde, donne naissance
à un plan qui prévoit la transformation de
25 millions de mètres cubes de bois en charbon
végétal pour alimenter la
sidérurgie.
Cela entraînera la destruction annuelle de
74'000 hectares de forêt vierge pour ce seul
secteur.
Problèmes sociaux
Tous les procédés pour mener à
bien le vol collectif de terres, y compris l'homicide des
meneurs de collectivités qui s'opposent aux
projets d'exploitations d'élevage, sont
employés.
Entre 1980 et 1990, plus de mille indigènes,
petits paysans, prêtres et meneurs syndicaux ont
été assassinés en Amazonie par des
tueurs professionnels engagés par les gros
propriétaires terriens.
L'impact écologique
La dévastation que subit l'Amazonie aura de
graves conséquences écologiques,
économiques et sociales à très court
terme au niveau local, régional et mondial :
- Une augmentation de la lixiviation (lessivage) et de
l'érosion des sols fragiles tropicaux.
- Une perte d'eau par un écoulement dû
à la disparition de l'effet d'éponge :
durcissement du sol et détérioration de
la qualité des eaux.
- Une diminution des précipitations et des
récoltes.
- Une augmentation des inondations et des
sécheresses.
- Une altération de la balance hydrique.
- Une modification de la température :
extrêmes plus importants.
- Un accroissement de la dimension des
fléaux.
- Une contributions des incendies de forêt
à l'effet de serre et aux possibles changements
climatiques qui lui sont associés.
- La disparition de milliers de plantes et
d'espèces
Sans intervention humaine, par le seul effet de la
sélection naturelle, il faut un millénaire
pour qu'une seule espèce s'éteigne.
L'activité de l'homme fait disparaître
trente espèces par jour.
L'homme accélère donc le processus
naturel dix millions de fois !
Vers un développement durable en
Amazonie
N'importe quelle alternative à la
dévastation de la forêt tropicale passe en
premier lieu par un coup de frein à l'agression
brutale que subissent la nature et ses habitants. Ce
résultat ne pourra être obtenu que si une
forte opposition se crée, tant ici que dans les
pays touchés par ce drame. Un modèle de
développement soutenable qui envisagerait
l'utilisation rationnelle et intelligente de
l'écosystème tropical est à trouver.
Les indiens détiennent des recettes qui,
adaptées intelligemment aux
spécificités conjoncturelles, permettront
l'utilisation rationnelle et viable des ressources du
bassin amazonien.

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