| LES PAPOUS DE L'IRIAN JAYA
Ancienne colonie Néerlandaise, la Nouvelle-Guinée Occidentale a été rattachée à l'Indonésie en 1969, après un référendum auprès d'un millier de Papous - sur une population de 1 million de personnes - choisis pour leur complaisance à l'égard du gouvernement de Djakarta.
L'Irian Jaya, "la plus grande province de l'Indonésie" est aussi la moins développée, mais elle a très vite constitué un nouvel axe de développement économique et politique pour le régime Suharto.
Dès le milieu des années 80, des dizaines de milliers de migrants faisaient route vers ce territoire fait de montagnes, de marécages de forêts vierges (une vingtaine de million d'hectares, soit la moitié de la superficie de l'Irian Jaya qui serait déjà sous la coupe des compagnies sylvicoles. L'Indonésie détient le deuxième taux de déforestation au monde, derrière le Brésil. Elle est la première en matière de disparition animale).
Là-bas, vivent quelques deux cent cinquante ethnies papoues.
En 1993, on dénombrait 170 000 "transmigrants" officiels, essentiellement des paysans musulmans de Java.
Les terrains distribués ont été pris aux autochtones en échange d'un peu d'alcool, d'un peu d'argent ou, dans les zones côtières, d'un vieux moteur de bateau.
Mais 700 000 autres nouveaux venus se sont emparés de l'économie irianaise, ouvrant des échoppes. Selon ou ils vivent, marécages ou montagnes, les Papous se trouvent évincés de tout circuit économique moderne, de plus, ils n'ont rien a vendre ni a échanger: ils fuient la côte et se retirent à l'intérieur des terres.
Ceux qui restent, étrangers chez eux et vagabonds, s'évadent dans l'alcool.
Il ne reste aux Papous que le tourisme, dernier espoir pour financer leur appétit de consommation.
Perché à 1500m. d'altitude, Wamena est un nouvel eldorado touristique. Les Papous emmènent les touristes dans des marches, occasion de monnayer leurs portraits photographiques et de pratiquer un commerce de pacotilles. Les Papous des alentours dévalent la montagne pour gagner en un jour, ce qu'ils n'auraient pu gagner en une vie. Rien ne vaut le tourisme pour transformer de façon irréversible les structures sociales des peuples Papous.
Les Papous profitent aussi de la présence de certains blancs pour s'informer de la situation de leur pays ou sur celle de leurs frères de la Papouasie, Nouvelle-Guinée, Etat indépendant depuis 1978.
ZELE DES COMPAGNIES MINIERES
Déployé jusquà l'excès et à la hauteur des richesses extraordinaires de la région. Les Papous sont spoliés de leur terre et maintenu dans le dénuement total. En 1992, un rapport confidentiel du WWF dénonçait déjà la pollution engendrée: des tonnes de minerai polluent les rivières, la forêt. Les populations risquent de mourir de faim, poissons et sagoutiers (sorte de palmier) disparaissent.
Toute résistance est anéantie par les violations des droits humains, massacre, torture, exécutions sommaires par les militaires indonésiens. Des émeutes diverses sont réprimées dans le sang et depuis, l'Irian Jaya est de nouveau fermée aux étrangers...
C'est le silence...
Source: le Monde Diplomatique - oct. 1996.
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