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2300 La Chaux-de-Fonds
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La Chaux-de-Fonds
Salle de musique 17h45
13 décembre 1997

Robert Schumann

Carnaval de Vienne op 26
Carnaval op 9

Franz Liszt

Bénédiction de Dieu dans la solitude
Les trois dernières Etudes d'exécution transcendante


Ebel

Michel Dalberto

Après des études au Conservatoire national supérieur de Paris, sa ville natale, dans la classe de Vlado Perlemuter, Michel Dalberto remporte en 1975 le prix Clara Haskil et en 1978 le premier prix du Concours de Leeds. Depuis lors, il est invité dans les festivals les plus importants, en compagnie d'orchestres comme le Concertgebouw d'Amsterdam, le Philarmonia de Londres, l'Orchestre National de France ou les Wiener Symphoniker, placés sous la direction d'Eliahu Inbal, Erich Leinsdorf ou Wolfgang Sawalisch pour ne citer qu'eux. Il ajoute à sa riche carrière de concertiste une importante discographie. Etabli à Vevey, Michel Dalberto succède en 1991à Nikita Magaloff à la présidence du Concours Clara Haskil Le pianiste entretient depuis plusieurs années des relations étroites avec les Montres Ebel, grâce auxquelles nous avons le plaisir de l'accueillir aujourd'hui.


Commentaires historiques

"Virtuose et public paraissaient ce soir là dans un accord sympathique particulièrement vif, l'enthousiasme pendant l'exécution et à la fin encore dépassa presque tout ce qu'on avait vu de pareil..." Ainsi s'exprimait Robert Schumann dans la Neue Zeitschrift für Musik au sujet d'un concert donné par Liszt au Gewandhaus de Leipzig en mars 1840.

Autre preuve de considération pour Liszt, Schumann lui avait déjà dédié auparavant sa Fantaisie en ut majeur. En signe de réciprocité, Liszt dédiera plus tard à Schumann sa Sonate en si mineur. Entre ses deux dédicaces, la querelle entre les deux compositeurs allait battre son plein.

Robert et Clara supportent très mal la "Lisztomanie" qui balaie l'Europe depuis 1842. Il leur semble que Liszt trahit son génie et se laisse aveugler par son propre mythe. C'est à la même époque que Schumann renonce à la direction de la Neue Zeitschrift für Musik, revue qu'il avait fondée en 1834. Reprise par Franz Brendel, cette revue de grande importance commence alors à déverser des torrents de propagande en faveur de l'Ecole de Weimar, tout en se déchaînant contre les "petits Leipzigeois" comme Liszt les avait baptisés. Schumann est consterné de voir son ancienne revue tourner ses batteries contre ses amis et ce revirement, dont ni Liszt, ni Schumann n'étaient finalement directement responsables, allait altérer dorénavant tous leurs rapports.

Le moment le plus pénible de leur querelle se situe en juin 1848, lors d'une soirée donnée chez les Schumann en l'honneur de Liszt. Avec deux heures de retard, l'illustre invité débarque en coup de vent pour qualifier le quintette de Schumann dont il est alors question de "Leipzigerisch". Schumann est prêt à exploser et Liszt a l'obligeance d'activer la vapeur en vantant les mérites de Meyerbeer aux dépens de Mendelssohn. Schumann empoigne son contemporain et lui jette "Qui êtes-vous pour oser parler de cette manière d'un musicien comme Mendelssohn", avant de quitter la pièce dans un grand fracas! A cet instant, Franz Liszt glisse à Clara "Dites à votre mari qu'il est le seul homme au monde de qui je puisse accepter aussi calmement les paroles qu'il vient de m'adresser". Clara devait déclaré après le départ du perturbateur "Je ne veux plus jamais entendre parler de lui", ce qui n'était guère réaliste!

La querelle entre Weimar caractérisée de progressiste (Liszt, Wagner, Wolf...) et Leipzig de conservateur (Schumann, Brahms, Mendelssohn...) était à son comble. Elle amenait Hugo Wolf à déclarer "Il y a plus d'intelligence dans un coup de cymbale de Liszt que dans les trois symphonies de Brahms réunies!!" (il n'avait pas encore écrit la quatrième!).


Les oeuvres au programme

Robert Schumann, Carnaval de Vienne op 26

Allegro - Romance - Scherzino - Intermezzo - Finale

Inspiré par son passage à Vienne, composé en 1839, le Carnaval de Vienne (Faschingsschwank aus Wien), prend des allures très orchestrales où le compositeur ne cherche assurément pas la confidence. Le Carnaval op 26 se distingue du Carnaval op 9 non seulement par son caractère moins intime mais aussi par sa forme. A la place d'une série de miniatures, nous avons affaire ici à une succession de cinq parties de dimensions relativement considérables.

Les trois morceaux impairs s'en tiennent au ton principal de si bémol majeur alors que les deux autres sont en sol mineur et mi bémol mineur. Le Finale n'est autre qu'une forme sonate classique aboutissant aux grands accords conclusifs, dont la puissance sonore évoque le tutti d'orchestre.

Robert Schumann, Carnaval op 9

Préambule - Pierrot - Arlequin - Valse noble- Eusebius - Florestan - Coquette - Réplique - Papillons - asch, scha (lettres dansantes) - Chiarina - Chopin - Estrella - Reconnaissance - Pantalon et Colombine - Valse allemande - Paganini - Aveu - Promenade - Pause - Marche des Davidsbundler contre les Philistins.

Intitulé scènes mignonnes sur quatre notes, le Carnaval op 9 est construit à partir des quatre lettres ASCH (du nom de la ville où vivait Ernestine, un amour de jeunesse du compositeur). Ces quatre lettres se trouvent par le plus grand des hasards être aussi les seules lettres "musicables" du nom de Schumann.

Après la huitième pièce, profitant de la correspondance entre les notations musicales germanique et francophone, le compositeur intercale trois groupes de notes intitulés "Sphinxes". Ceux-ci donnent la clé du matériau de base de l'ouvrage et représentent trois traductions musicales du nom de la ville où résidait Ernestine: mi bémol-do-

si-la (EsCHA), la bémol-do-si (AsCH) et la-mi bémol-do-si (AEsCH).

Le Carnaval op 9 suscitait l'admiration de Franz Liszt qui fut le premier à exécuter en public le cycle dans son entier.

Franz Liszt, Bénédiction de Dieu dans la solitude (extrait des Harmonies poétiques et religieuses)

Les Harmonies poétiques et religieuses furent composées entre 1834 et 1852 et le titre de ce recueil est emprunté à Lamartine. Publiée en 1830 en quatre livres, les Harmonies poétiques et religieuses du poète français rassemblent quarante-sept poèmes visant "à reproduire un grand nombre des impressions de la nature et de la vie sur l'âme humaine".

Troisième pièce de l'oeuvre, Bénédiction de Dieu dans la solitude appartient aux quatre titres, sur les dix que compte le recueil, dont on retrouve le nom dans l'ouvrage littéraire. Les six autre pièces portent un titre donné par Liszt lui-même.

Franz Liszt, Les trois dernières Etudes d'exécution transcendante

En 1837, Franz Liszt, mu par l'impérieuse nécessité de se forger un instrument de haute virtuosité entièrement à sa mesure, reprit un recueil de douze pièces publié dix ans auparavant. Il en conserva le matériau thématique mais en amplifia les développements en diversifiant les trouvailles techniques jusqu'à atteindre d'extrêmes difficultés d'exécution. Malgré ces hautes exigences d'interprétation, ces pièces restent admirables d'inspiration poétique et littéraire. La version définitive datée de 1851 s'avère beaucoup plus épurée que celle de 1837.

Certains critiques ont considéré l'Etude n°10 en fa mineur largement inspirée de l'Etude en fa mineur op 10 de Chopin. Il s'agit là d'une erreur de vue si l'on sait que Liszt couche cette idée musicale sur papier bien avant avoir entendu une seule note de son contemporain. Et d'ailleurs, si la correspondance rythmique est réelle, le propos harmonique de ces deux cellules est quant à lui très différent. Un style déclamatoire, la fièvre qui emplit le clavier dans l'épanouissement de ses registres signalent une page du plus pur style lisztien.

Harmonies du soir est un andantino en ré bémol majeur, imprégné de poésie contemplative, de sonorités envoûtantes. Baignée dans une atmosphère crépusculaire d'une grande pureté, cette avant-dernière Etude trouve son harmonie jusque dans la symétrie parfaite de sa forme (ABCBA).

La dernière Etude d'exécution transcendante intitulée "chasse-neige" n'a rien à voir avec les petits monstres mécaniques de nos montagnes! Cette page traduit simplement un tableau hivernal; évocation d'un tourbillon de flocons noyant peu à peu le paysage et offrant une sublime conclusion à ce qui reste l'expression parmi la plus élevée de la technique pianistique .

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