Edith Fischer
Quatuor Sine Nomine
Josep Colom
Gilles Landini


Renseignements et location:

Gabson HiFi
rue du Marché 6
2300 La Chaux-de-Fonds
tél/fax: +41 / 32 / 968 01 37


La Chaux-de-Fonds
Salle de musique 17h45
14 novembre 1998

Edith Fischer, pianiste

W. A. Mozart - Sonate en si bémol majeur KV 333
L. v. Beethoven - Variations Diabelli op 120



Edith Fischer

  Invitée régulière de in quarto, la pianiste Edith Fischer ne s'est toutefois plus produite en récital à La Chaux-de-Fonds depuis l’intégrale des sonates pour piano de Beethoven. Le concert d'ouverture, le 14 novembre prochain, sera donc je l’espère, accueilli et applaudi comme un événement par le nombreux public qui avait suivi l'aventure des 32 sonates.

  Edith Fischer remporte très tôt dans sa brillante carrière deux parmi les prix les plus importants que compte l'Europe musicale : le Prix Dinu Lipatti et le Concours International de Munich. Son répertoire est immense, incluant notamment la majeure partie de la période romantique, l'oeuvre complète de Ravel ainsi que la plupart de la littérature de musique de chambre.

  Depuis peu, la ville de La Chaux-de-Fonds à l'honneur de compter Edith Fischer parmi ses citoyennes et Jorge Pepi, son mari, parmi ses citoyens. Un second domicile espagnol les aide passablement à supporter le climat jurassien, pour lequel ni l'un ni l'autre ne semble véritablement faits !


Les oeuvres au programme du récital du samedi 14 novembre

W.-A. Mozart Sonate en si bémol majeur KV 333

Allegro
Andante cantabile
Allegretto grazioso

  (...) Je puis faire des touches ce que je veux ; le son est toujours égal, il ne tinte pas désagréablement, il n'est pas trop fort ou tout à fait manquant..., non il est partout bien égal (...)

Extrait d'une lettre de W. A. Mozart à son père, au sujet des pianoforte Stein

  (...) Il y a deux façons de mal jouer Mozart. La première consiste à le rendre gracieux, élégant, doux, léger, avec un jeu perlé, la seconde à le présenter avec un jeu enlevé et plein de tendresse. A dire vrai, il faut jouer sa musique telle qu'elle est et pour cela être comme elle tour à tour vigoureux, gracieux, sombre, délicat, gai, spirituel, profond et toujours clair. La clarté est la seule qualité qui soit toujours requise (...)

C. M. Girdlestone, Mozart et ses concertos pour piano

  Le grand miracle peut-être chez Mozart est qu'il ne soit pas retombé, comme fléchissent souvent à l’âge de la puberté les génies particulièrement précoces, à un niveau moyen mais qu'il ait au contraire déployé ensuite toute l’Étendue de sa puissance créatrice.

  Dans ce sens, la sonate KV 333, achevée en 1778, appartient aux quelques sonates de Mozart véritablement significatives. Le compositeur lui donne une ampleur inhabituelle et y affiche nettement ses capacités de virtuose.

L. van Beethoven Variations Diabelli op 120

  Le point fort de ce récital d'ouverture sera sans conteste l’interprétation, par la pianiste Edith Fischer, des Variations Diabelli de Beethoven. après sa magistrale interprétation de l’intégrale des sonates pour piano entre 1995 et 1996 à La Chaux-de-Fonds et Barcelone, il était parfaitement évident, pour l'organisateur des Concert in quarto, de voir les Variations Diabelli revenir à la pianiste.

  Anton Diabelli, compositeur et éditeur, eut l’idée de commander à chacun des compositeurs les plus connus à l’époque, une variation sur une valse de sa composition. Parmi les "heureux élus" figuraient notamment Schubert et Beethoven.
Écrites entre 1819 et 1823, contemporaines de la neuvième symphonie, les Variations Diabelli op 120 représentent, avec les Bagatelles op 126, la dernière oeuvre pour piano de Beethoven.

  D'abord réticent pour ne pas dire méprisant vis à vis de la démarche de Diabelli dans laquelle il voyait plus un coup de commerce qu'un réel intérêt artistique, Beethoven revint ensuite à ce thème en forme de valse pour y imprimer l'expression peut-être la plus aboutie de son génie.

  Au sujet de la mauvaise humeur dont Beethoven fait preuve à cette occasion, il me semble important de souligner la fâcheuse similitude entre le motif en croche mi-fa-sol-mi-do du thème que lui fit parvenir Diabelli et le matériau principal de la 8eme symphonie du même Beethoven, publiée peu auparavant !

  Est-ce pour cela que la première variation efface à ce point la valse de Diabelli, imprimant à l'oeuvre une signature impossible à confondre avec toute autre ou que le cycle tourne presque à la farce lorsque, à la variation XXII, Beethoven cite on ne peut plus clairement "Notte e giorno faticar", premier air du Don Giovanni de Mozart ? Le plus remarquable dans le cas de ces deux variations, c'est que la distance avec le thème initial n'est que pure apparence. En fait, le compositeur, comme à son habitude, innove en s'aventurant sur d'autres chemins que ceux parcourus jusque là; il étend, en quelques sortes, les fils qui relient ses variations à l’idée qui les génère, les rendant beaucoup plus complexes.

  A la variation XXXII, avant-dernière du cycle, le sujet de la fugue est basé sur l'intervalle de quarte et sur la répétition insistante d'une seule et même note; réplique dans un rythme binaire à deux temps, des deux premières mesures de la valse initiale.
A nouveau, ce qui signale ici la présence d'une très forte personnalité, c'est la parenté très étroite avec le thème en même temps que la sensation, pour l'auditeur, d’être en présence d'un constant renouvellement, tant dans l'essence du matériau musical que dans sa violente expression poétique.

  Sous l'apparent mépris dont il fait preuve à l’égard de Diabelli et derrière l'appropriation totale qu'il fait de l’idée musicale de base se cache peut-être le profond respect qu'il témoigne finalement à cette petite valse. Cela m’amène à penser qu'il l'aimait profondément. Composer les variations Diabelli fut peut-être pour lui sa façon de l'exprimer.

 

Commandez votre abonnement

Inquarto - Programme - Artistes - Retour

Webmaking
Laboratoire